Ecrits d'atelier – Hubert de Chalvron


Texte paru en Chinois dans la revue SHI SHU HUA de décembre 2016


J'ai eu le sentiment de commencer quelque chose en peinture avec le tableau « St Martin »,  et la réapparition d'une image d'une ancienne représentation. St martin est le Symbole du partage , de l'offrande , du don de soi. J'ai un coté très paysan qui cherche toujours l'utilitaire...A quoi peut donc bien servir la peinture ? 

Il y a différentes façon de fragiliser une image, l'aborder par le sujet religieux en est une. Pourquoi vouloir fragiliser une image  ? Sans doute pour la rendre plus proche, ainsi j'aime une certaine naïveté en peinture (ce qui n'a rien a voir avec la peinture dite naïve). 
Ce que j'appelle « une image fragile », c'est une image émotionnelle ; une image qui vient de l'émotion. J'aime à chercher un geste en dessin. Les fonds noir seraient la nuit des temps. Je cherche le vivant avant la ressemblance. Peindre c'est faire quelque chose de concret et de solitaire, tout en le situant en dehors de soi. Beaucoup plus tard , J'ai commencé la tempera en voulant cesser de peindre. Je ne trouvais  plus la  couleurs dans mes grands tableaux. La morale en peinture exige que l 'on rompt avec une esthétique préconçue.

Parfois le « beau » ou le « bien fait » est plus gênant qu'autre chose.

Pourquoi ne pas s’évader de la réalité ?  On a beaucoup ecrit sur la peintures et les images, et puis quoi ?
Quand il n'y a rien de dessiner  sur un tableau , je m'ennuie, (même si c'est très beau!).
Pour moi il y à 2 étapes dans un tableau , l'unité de lieu et le sujet . 

Créer un manque en peinture, pour faire apparaître une image . Ainsi représenter son atelier,un jardin,  des hutongs, ou des ruines crée ce manque, ce vide d'image, un peu comme un fond noir ou blanc,  me porte à élaborer une scène;

« L'histoire du Christ est tout aussi sûrement « poésie » qu'une histoire et en général, n’est histoire que celle qui peut également être une fable. »
Novalis


J'ai ramené de Pékin des images d'anciens quartiers de petites maisons de briques (Hutongs) en cours de démolition. 
L'art est à l'image de ces plans d'urbanismes actuelles, il montre une volonté d'oubli .  


« La révélation de l'innocence de la victime, est la véritable acquisition chrétienne qui s'épanouit à notre époque.
Le christianisme semble être désormais le seul bouc émissaire possible, donc le réel facteur d'unité de notre monde. »
René Girard. 

Il y a dans ma peinture une volonté de rejoindre un état d'innocence (enfance).

 

Je reviens sur cette idée de « fragilité » dans les images ; Peut être s'agit - il d'abord de féminiser ces images, et ce que j'appelle fragilité serait plutôt féminité. Il y a dans la féminité quelque chose qui a à voir avec la grâce, cela n'exclue pas la force ni la puissance , mais plutôt  la brutalité. 

Finalement les idées comme les images, prennent la forme , la douceur ou la brutalité des mains qui leurs donnent corps.
  
Tout commence avec les rapport de l'enfant avec sa mère, ma mère est peintre.

 Ma mère ne voulait pas donner son art à son fils , elle à fait en sorte de se laisser voler. 

«  Je crois à la victoire du plus faible »( Romain Gary, «  la nuit sera calme »), ce en quoi le christianisme reste pour moi exemplaire . L'histoire bouleversante du Christ, révèle l'innocence de la victime, une histoire bien actuelle.  

Cela m’intéresse d'introduire de la douceur dans la violence, autant que représenter de la violence dans ce qui est beau.

Lorsque j'ai peint le tableau «  Résurrection » , je voulais peindre ce qui me semblait le plus difficile à croire, sinon (voir) inadmissible pour certain.

Alors que nous avons derrière nous plus de 1500 ans d'art religieux élaboré à partir de l'histoire biblique, il faudrait tout à coup ne plus peindre autre chose que ce que nous avons sous les yeux ;
Oublier cette relation avec l'esprit de transcendance c'est entretenir la lourdeur, et la désespérance.

J'ai retrouvé Job à Pékin. Les histoires de la bible sont partout dans notre monde.

« Chaque pauvre à sa pauvreté particulière faite à son image et ressemblance, son ange gardien, son ministre angélique de la pauvreté » G. Bernanos

Job comme Abraham sont des exemples de la croyance absolu en Dieu. 

J'ai connu un moment d'un grand trouble en regardant d'anciens portraits (environ 2000 ans) de la région  du Fayoum en Egypte. Ils sont tellement vivants et actuels, qu'ils créent le doute sur la progression historique de l'art. 
Ainsi, j'ai quitté cette idée de progrès en art. 

 Dans beaucoup de mes tableaux il se trouve  une collision entre la scène représentée et le paysage, c'est d'ailleurs parfois un principe qui m'aide à trouver ce que je vais faire. Ainsi lorsque j'ai peint le massacre des innocents par exemple, j 'ai situé la scène sanglante dans  le merveilleux jardin de Bagatelle
Cette tension , cette inadéquation, entre deux éléments du tableau  m'engage dans une image inconnue.

 


« Tous les homme ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence » 
Chateaubriand  (in  Génie du christianisme)

En Chine il m'a semblé que les artisans continuais d'être appréciés. Le savoir des mains est à l'opposé de l'art contemporain ou la pensée du sens domine. 

La technique à son importance, cependant il y a un moment ou la peinture ne saurait être qu'un produit, ou qu'un système.

« Je ne vois que des tours que la cendre à couverte,
Un fleuve teint de sang, des campagnes désertes. »
Racine (Andromaque)

 

De l'intemporelle.

Je ne cherche pas à faire une peinture d'hier d'aujourd'hui ou de demain . Je peins à partir de sujets souvent issues de la bible que l'on peut qualifier d'éternels , ou consubstantiels à l'homme. 
Ainsi la croyance et le doute, l'innocent et le coupable, la beauté et l'horreur .  Je ne comprends pas moi même pourquoi les choses se forment ainsi dans les images  ; Je veux croire à la beauté encore possible .

Songerie dans l'atelier: "Bientôt je vais peindre des visages , des portraits de personnes , m'appliquer à la ressemblance ; je pense là encore à ces peintres grecques , égyptien et romains d'il y a 2000 ans."
J'aimerais être utile. 

Sur la forme ovale ,  cartes anciennes de la représentation du monde.
Plus récemment, la carte est définie comme une représentation c’est à dire une "image, représentation du monde, ou d’un morceau du monde. Ou plus exactement de quelque chose, quelque part" (Brunet, 1987). Ainsi, la carte est perçue comme une construction intellectuelle et non une vérité absolue et définitive. 


Je tiens compte de tout ce que je vois, et ce que je vois s'organise dans mon travail, et tout mon esprit s'efforce d'organiser ces vues autour d'un même centre. Il y a le hasard, et les images qui s'imposent d'elles mêmes sans que je sache ce que je vais en faire. 

Distinguer des différences , des cassures et même parfois des incohérences ; ce qui compte en définitive c'est l'âme des choses et la couleur est son révélateur. 


Les demeures détruites , suscitent en moi des images de ruines. Dans ces images Tout est poussière , terre et ciel,  et quelques fragments de formes et de matières dans ces décombres rappellent l'humain .

 Mon atelier s'imprègne d'images semblables à des ruines, remplies de gravas et ou se maintiennent quelques semblant d'architectures fragiles. 
Ces images sont exactement à la frontière entre abstraction et représentation , on peut reconnaitre des formes , des couleurs mais rien de signifiant.

Ainsi, un jour au cours d'un trajet en bus dans la banlieue de Pekin, je me suis arrêté devant un quartier entièrement en démolition. Cela formait un paysage saisissant de désolation . Et dans ce chaos des petit tas de briques récupérées formaient d'étranges sentinelles. 

« Puis vient Abraham, dont il est dit que par la foi, il habitait une tente, dans l'attente d'une ville aux solides fondations. »


Un tableau pour qu'il soit réussi doit produire une ambiance , une lumière qui force le regard à se rapprocher pour mieux voir comment il est fait. Ainsi Chardin dans ses dernières petites natures mortes, a si bien peint les choses sans cerner les contours , qu'il en a dégagé comme une vérité de la peinture. 

Les jeunes artistes doivent aujourd'hui accomplir une véritable rupture avec ce qu'on leurs dit être l'histoire de l'art. Ils doivent se réapproprier leurs identité culturelle ; quoiqu'on leurs disent l'art n'est pas la mode. Dans ce que j'imagine être  l'art nous sommes dans un domaine de perception sensible, et les sensibilités culturelles ont leurs importances, ce qui n'exclue pas les passerelles entre les cultures , bien au contraire. 

La dilution des identités dans la mondialisation culturelle, est un peu comme l'Esperanto, un rêve d'une langue commune .   


Il me paraît que seules les religions et le merveilleux inhérent à ces religions peuvent encore produire des images actuelles, indépendantes du monde et qui nous parle du monde. 

« Car enfin qu'est ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant,un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leurs principes sont pour lui invinciblement caché dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l'infini ou il est englouti. »
Pascal (Pensées- misère de l'homme sans dieu)

Je veux peindre des images ou il subsiste une espérance de Dieu. 

Décontextualiser une scène biblique , c'est réactualiser un fondement humain. Pourquoi le Christ plutôt que les dieux antiques?  parce qu’il est pour moi la représentation la plus actuelles de notre humanité. Le Dieu des faibles et des humbles, et peut-être aussi la question de la foi dans l'humanité n'a-t-elle jamais été aussi brûlante qu'aujourd'hui.

Il me semble que la peinture pour être, doit produire une ambiance plus qu'une théorie .

Parfois c'est au travers d'un sujet humble, apparemment sans intérêt que l'on découvre de la belle peinture.
C'est curieux de voir qu'aujourd'hui de tel sujet ont pour ainsi dire disparus, peut-être cela vient-il du fait que nous n'habitons plus hors des villes . Une nature morte pour qu'elle soit intéressante,  devait s'inscrire dans la vie même des peintres, dans leurs relations avec les fruits, les légumes, les materiaux (les objets), tout ceci baignant dans la lumière changeante des saisons. Avec l'industrialisation du monde nous avons finis de peindre la lumière sur les choses, nous peignons la lumière,  mais que sont devenues les choses ?

Je vois des peintures de lumière sans objet, cette absence de sujet oriente la peinture vers la lumière comme sujet.Ce devrait être beau ! pourtant le tableau « lumière » perd toute poésie, il ne représente que sa propre surface,  Peut-on dissocier la lumière de l'objet ? Il y a comme une gène chez certains peintres actuelles à représenter un sujet.


Je souhaite que mon travail s'oriente plus vers des représentation de type  Résurrection, annonciation, nativité, mais je suis naturellement ramené vers des scènes plus violente et douloureuse, Piéta, Sacrifice, Massacre... Il y a une dualité en moi. 

 


Un titre : Mémoire du ciel.

Le cynisme dans l'art contemporain est souvent pris comme de l'esprit, alors qu'il n'est que fausseté. 

Cette violence contre l'esprit de vérité est à la mesure de qui l'anime.

Ma peinture peut paraître maladroite, si je peignais plus habile j'aurais le sentiment d'étouffer quelque chose.
Peindre vrai ne veut pas nécessairement dire peindre réaliste.

Un tableau raconte une histoire, je ne cherche pas à mettre un style en avant plutôt à raconter de petites histoires, tantôt gaies, tantôt tristes.
A partir du moment ou j'ai changé ma technique de peinture pour la tempera , mes tableaux sont devenus plus petit. La taille d'un tableau à son importance , je commence à voir que les petits tableaux sont dans la concentration et que les grands tableaux sont souvent dans la dispersion.

Les histoires racontés dans mes tableaux ont toutes à voir avec la foi, la croyance . Chacun de mes tableaux, d'une façon ou d'une autre porte la question du devenir de la foi.


Il me semble que nous sommes plus à mesurer les choses qu'a les vivre  

« Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l'avenir. Nous ne pensons presque pas au présent ; et si nous y pensons ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin ; seul l'avenir.  est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »
Pascal « pensées » 

 Dans certains de mes tableaux  j'ai abordé la violence , la cruauté ; je l'ai souvent situé dans un univers paradisiaque , opposant ainsi la beauté de la création à la violence de l'homme.

Peindre comme les primitifs, nos émotions n'ont pas évoluées, le monde change, il paraît ; Il faut plutôt dire, les hommes changent l'usage qu'ils ont du monde ; cela ne veut pas dire qu'il y ait évolution.

J'ai été longtemps marqué par une attirance pour la monstruosité.

Il faut, pour bien comprendre l’âme d'un peintre, penser qu'il peut prendre un certain plaisir à représenter l'horreur, peut être même que cela ne se peut qu'en très bonne condition psychique.  Ainsi les peintures très horribles de notre époque ne serait que le reflet d'un certain confort, d'une sorte d'embourgeoisement . Il y aurait la nécessité de choquer de faire violence, quand allons nous sortir de cette production effrénée d'images désespérantes . La froideur des académiques d'hier et des contemporains d'aujourd'hui...

Je crois qu'on est plus choisit par son sujet que l'inverse.

Bram Van Velde


« La peinture aide à voir. Elle fait de la vie , de la complexité de la vie quelque chose que l'on peut voir. Elle rend visible ce qu'on ne sait voir. Je cherche à voir alors que tout dans ce monde nous empêche de voir. Pour l'artiste c'est tout ou rien.Si ce 'est pas tout ce n'est rien.Je peins l'impossibilité de peindre dans ce monde qui m'écrase, je ne peux vivre que me faiblesse. Cette faiblesse est ma seule force.l'artiste vit un secret qu'il lui faut manifester ; je ne peux rien dire , rien expliquer,la toile ne vient pas de la tête mais de la vie. Non, je n'ai rien fait. J'ai donc intensément travaillé.Je ne fais que chercher la vie. Tout ça échappe à la pensée, à la volonté. Il est terrible de vivre quand on est sans pouvoir sur les mots .Le peintre est celui qui ne peut se servir des mots. Sa seule issue, c'est d'être un visionnaire. Le plus difficile c'est de ne pas vouloir. Il faut que tout prenne fin pour que ça puisse commencer. On vit de drôles de choses;ce qui rend une toile fascinante c'est sa sincérité. L a sincérité est une chose de si rare ; La plupart des gens n'osent pas être sincères. Je sais fort bien qu'une toile ne peut être qu'une chose bizarre, incompréhensible »

« Parfois on travaille , on fait ce qu'on peut, mais on n'est pas récompensé . La chose échappe on reste dehors. Ce monde mécanique nous asphyxie. La peinture c'est la vie. La vie n'est pas dans le visible .La toile me permet de rendre visible l'invisible. J'ai besoin d'aller vers l'illogique.
Ce monde ou l'on vit nous écrase ; Il est toujours régi par les mêmes lois.Il faut créer des images qui ne lui appartiennet pas. Qui soient totalement différentes de celles qu'il nous propose. La peinture ne vit que par la glissade vers l'inconnu en soi. »


 
« L'immortalité de l'âme est une chose qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de ce qu'il en est. »
Pascal « les pensées 

 
En regardant les images de maisons rasées, puis en les dessinant, j'ai peint ce petit tableau (image)d'une déposition .
Je l'ai voulu  comme mon époque, douloureux et énigmatique. 

  Dire les choses avec simplicité ,c'est le rôle de la peinture

On ne peut savoir ou présumer de ce que va être une peinture. Il n'est pas intéressant de peindre des images sans mystère,trop construite, ou démonstrative d'un savoir faire . Pour bien faire une peinture, il faut un sentiment qui ne puissent se traduire que par la couleur. De la couleur vient la lumière d'un tableau et du sujet peut venir un certain dépassement de soi. 

L’auto-centrisme de l'homme 

Le sentiment en peinture n'est pas un message, il est l'expression même . 
L'imaginaire est toujours là il s'adapte à ce monde . 
 
Peindre des ruines , il se trouve dans la représentation même des ruines une analogie avec le monde qui nous entoure et le monde sensible intérieur une sorte de mixte entre formel et informel. On pourrait voir dans cela une peinture ni figurative ni abstraite, une sorte de chaos ou les formes subsistent morcelées et tronquées.
 Dans de nombreuses peintures anciennes, l'unité de lieu reste à définir ; par exemple dans « l'adoration des mages » d' Albrecht Dürer *;ou «  la rencontre de Saint Antoine et de Saint Paul dans la nature sauvage », de Mathias Grunewald *(un panneau du retable d'Isenheim),ou encore chez Nicolas Poussin *« paysage avec Saint Mathieu », l'unité de lieu reste en suspension, ce sont des ruines des lieux en friches. 
  
La peinture est un mode de vie , une existence ;elle définit au plus près celui qui la pratique .
Se projeter en peinture est inutile, seul le temps présent existe 


Un autre Jour...
 Ce que je peins là , un champ de ruine – est-ce pour  me rendre intéressant ? Peindre des ruines La ruine du monde ou plutôt le hors du temps du monde ?
Hier à l'atelier   
je commence à peindre et puis je regarde , j'aime les débuts de mes peintures ;  
Et puis soudain...
J'ai perdu la langue de mon enfance. Il n'y a personne qui s’intéresse à ce que je fais , je suis seul et je vais mourir ; j'ai peur .... tout se met à trembler, tout devient doute , le temps use mes tableaux , les tons s'enfoncent dans le gris ... Oui, je veux que tout cesse, et arrêter de peindre . Combien de fois ai-je arrêté ? Combien de fois repris ? 
La peinture est un mode de vie , une existence ;elle définit au plus près celui qui la pratique .
Se projeter en peinture est inutile.
Pourtant, je tends vers, j'aspire à ce qui va continuer ( le continuum) , le fil conducteur d'images, l'infini des images ; parfois je sens sa présence et je suis euphorique,  prêt à tout, je ne parviens plus à être dans le présent. Je veux être pris dans ce tourbillon d'images. Sans doute, c'est la peur qui produit cette ivresse , vouloir se perdre est aussi une défense face à l'impuissance.  


« Mais comme nous ne pouvons aimer ce qui est hors de nous, il faut aimer un être qui soit en nous, et qui ne soit pas nous, et cela est vrai pour chacun ; Or il n'y a que l’être universel qui soit tel. Le royaume de Dieu est en nous : le bien universel est en nous , en nous même, et n'est pas nous. »

Pascal « pensées »- La morale et la doctrine.

Le lendemain est toujours là , épuisement et regard froid, correcteur de fautes, critique de tous les
 « peut-être »...

 *Florence Galerie des offices   
*Isenheim musée d'unterliden
*Staatlich museen zu Berlin- Gemaldegalerie

Imago comme concept théorique désigne la survivance imaginaire d'un participant de la situation familiale infantile, "un schème imaginaire acquis à travers quoi le sujet vise autrui" 
Lorsque j'ai écrit ce passage j'étais en train de faire un tableau d'après ce sujet. Etant insatisfait du résultat j'ai changé le sujet, qui est devenu Job et les 3 amis (2016).

 

 

« L'impression produite par une œuvre d'art ne nous satisfait entièrement que s'il en reste une partie qu'aucune réflexion ne peut rabaisser à la précision d'un simple concept. »

Schoppenhauer in «  Le monde comme volonté de représentation »

 

Un rêve.
« Il y a dans ce champ d'énormes ornières creusées par de gigantesques tracteurs , elles sont remplies d'eau saumâtres et sentent la pisse de vaches,un paysage de désolation, rendu nauséabond . Nous étions à bord d'un tracteur dans ce chemin qui longeait le champ, et je discutais avec un fermier du coin , mort depuis longtemps... » 

 

 La semaine dernière j'ai ressorti une suite de tableaux ( 65cm x 150 cmx 3) que j'avais entrepris l'année dernière , puis abandonnée. C'est une danse macabre à l'origine, une sorte de grande ligne peinte ;  il y a de l'humour, et une certaine légèreté de tons. La représentation de la mort fait partie de mon travail, je me suis inspiré des dessins de Botticelli de la divine comédie de Dante pour commencer, puis j'ai voulu en faire une espèce de satyre des artistes contemporains , se mixant avec les pêchés capitaux .

 Ainsi, cette ligne vue de loin, semble tracer un horizon.
 On peut y percevoir diverses situations (arrangements) entre les personnages représentés (mais non identifiés par corps de métier comme par le passé) et des squelettes ; chacun illustrant la maxime  : «  jeunes ou vieux, riches ou pauvres, nous finiront tous de la même façon.... »


Par la métaphore le poète permet l'existence d'un sens nouveau, même en apparence absurde comme dans la métaphore surréaliste. Elle permet souvent de dépasser l'analogie pour réaliser une identification (image) créant une autre réalité
Dans mon travail la métaphore est culturelle, 
 Créer en peinture l' irruption d'une réalité autre ;